La motoneige a toute une histoire, le saviez-vous ?

L’histoire de la motoneige commence bien avant qu’elle ne devienne un objet de loisir. Dans les régions nordiques, Canada, Scandinavie, nord des États-Unis, l’hiver rendait les déplacements extrêmement difficiles. Neige profonde, routes inexistantes ou impraticables : il fallait trouver un moyen efficace de se déplacer sur la neige.

Le véritable père de la motoneige moderne est Joseph-Armand Bombardier, un inventeur québécois né en 1907 à Valcourt. Passionné de mécanique dès son jeune âge, il est profondément marqué par un drame personnel : la mort de son fils, qu’il n’a pu transporter à temps à l’hôpital à cause des routes enneigées.

Ski-Doo Alpine 1967

Cet événement renforce sa détermination à créer un véhicule capable de circuler facilement en hiver. Entre les années 1930 et 1940, Bombardier met au point plusieurs véhicules à neige, dont les B7 et B12, utilisés pour le transport scolaire, médical et postal. Ces engins sont robustes, mais encore volumineux.

Dès la fin du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ, plusieurs inventeurs tentent d’adapter des véhicules existants à l’hiver. On expérimente des automobiles munies de skis à l’avant et de chenilles à l’arrière, mais ces machines sont lourdes, peu fiables et coûteuses.

Le grand saut survient en 1959, lorsque Bombardier lance le Ski-Doo, une motoneige légère, abordable et conçue pour une seule personne (ou deux). À l’origine, le nom devait être « Ski-Dog », mais une erreur d’impression donna naissance au terme « Ski-Doo », qui deviendra mythique.

Cette innovation change tout : la motoneige n’est plus seulement un outil utilitaire, elle devient accessible au grand public. Rapidement, l’engouement se répand au Canada, puis aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

Les années 1960 à 1970 marquent l’âge d’or de la motoneige. De nombreux fabricants apparaissent, la technologie progresse rapidement (moteurs plus puissants, suspensions améliorées, meilleure maniabilité), et la motoneige s’impose comme un nouveau loisir hivernal.

Pour vous donner une idée, Bombardier qui était le chef de file, entre 1961 et 1962 avait produit 2 000 unités. Mais entre 1970 et 1971 ils ont produit 211 000 motoneiges.

En 1970, dans cette période de forte croissance du loisir motoneige, on estime qu’il y avait environ 129 fabricants de motoneiges à travers le monde. Ces entreprises produisaient des modèles de toutes sortes, parfois seulement pour une ou deux saisons.

Dans la seule année de 1970, on a vu naître 58 nouvelles entreprises.

D’autres documents sur l’histoire de la motoneige mentionnent que les acheteurs au début des années 1970 pouvaient choisir parmi plus de 100 marques différentes.

On retrouvait des marques comme, Moto-Ski, John-deer, Chaparral, Alouette, Sno-Jet, Harley-Davidson, Sno-Price, Caribou, Auto-Ski, Polaris et j’en passe.

Des clubs de motoneige voient le jour, des sentiers sont aménagés, et les premières compétitions sportives sont organisées. La motoneige devient un symbole de liberté et d’aventure en hiver.

Mais pourquoi tant de fabricants ont disparu après les années 70 ? La crise pétrolière de 1973, un marché saturé et la concurrence de quatre grands joueurs dans cette industrie. Ski-Doo, Polaris, Arctic Cat et Yamaha.

En 1975 le géant Bombardier ne produit plus que 51 000 unités, quatre ans avant c’était 211 000. Les normes était plus strictes, il y avait beaucoup de problèmes de qualité et de fiabilité car les motoneiges étaient fabriquées rapidement.

Seuls les fabricants ayant de gros moyens financiers pouvaient investir dans la recherche et le développement et répondre aux nouvelles normes.

À partir des années 1980, l’industrie fait face à plusieurs défis tels que les préoccupations environnementales, le bruit, la sécurité et les fluctuations économiques. En réponse, les fabricants innovent : moteurs plus silencieux, modèles quatre temps, amélioration de l’efficacité énergétique et plus de confort. Dans les années 2000, on commence même à voir des modèles électriques.

Ski-Doo, Expedition LE 2026

La compagnie Yamaha a produit sa dernière motoneige en 2025. Elle s’est retirée de ce marché pour cause de rentabilité et pour se concentrer sur d’autres produits récréatifs.

Aujourd’hui, la motoneige est utilisée à la fois pour :

  • le loisir et le tourisme
  • les compétitions sportives
  • le travail (secours, foresterie, régions isolées)
  • les déplacements traditionnels dans les communautés nordiques

Les temps changent, les besoins aussi, mais cette invention qui a été améliorée par un Québécois par le développement du barbotin de transmission, est là pour rester et nous faciliter les déplacements sur la neige, que ce soit pour le travail, les loisirs ou pour nous faire découvrir de beaux coins de l’arrière pays.
Bonne randonnée à tous, dans le respect de la faune et des autres!

Philippe Cuillé