Jocelyne Fortier, une artiste jusqu’au bout des doigts

Rencontrer Jocelyne Fortier, c’est faire la découverte d’une passionnée de l’artisanat. On peut dire que c’est une artiste jusqu’au bout des doigts car elle associe la connexion tactile, sensorielle et émotionnelle dans ses créations.
Mentionnons que Jocelyne est native de Sainte-Brigitte-de-Laval. Elle habite présentement à Lac-Saint-Charles mais conserve des liens très étroits avec sa famille, ses amis et le Cercle de fermières de Sainte-Brigitte. Dans son cœur, elle est toujours Lavaloise.
Vice-présidente et responsable des arts textiles
Jocelyne assume la double fonction de vice-présidente et de responsable des arts textiles au Cercle de fermières de Sainte-Brigitte-de-Laval depuis maintenant quatre ans. Elle amorce son 3e mandat et si sa santé le lui permet, elle pourrait bien en réaliser un quatrième comme les règlements du Cercle le permettent. Plusieurs fermières, sinon toutes, sont emballées par cette possibilité.
Elle a choisi de joindre l’équipe de chez-nous en 2021 parce qu’elle connaissait d’autres fermières, se sentait à l’aise et désirait consacrer plus de temps au tissage et aux arts textiles.
Lorsque Mme Patricia Saint-Pierre qui assumait auparavant le poste de responsable des arts textiles, a décidé de quitter, elle a demandé à Jocelyne de poser sa candidature. Jocelyne n’était pas certaine d’avoir toutes les qualifications requises pour occuper cette fonction. Force est de constater que Mme Saint-Pierre avait très bien identifié sa relève. Jocelyne, c’est une bonne combinaison de savoir, de savoir-faire et de savoir être. Elle aime apprendre, rechercher de nouvelles façons de faire, se tient à l’affût des nouveautés dans le domaine, elle maîtrise l’art du tissage, crée de nouveaux ateliers, n’hésite jamais à partager ses connaissances, à aider et encourager les fermières moins expérimentées. Elle est généralement présente au Cercle trois jours par semaine.
Quand je lui demande quelle est sa motivation, elle me répond sans hésiter « parce que j’aime ça, j’aime le travail manuel. Les arts textiles permettent de se détendre, c’est bon pour la mémoire, c’est une source de concentration. Créer et aider les autres à créer, c’est valorisant et ça permet de se réaliser personnellement et professionnellement. »
Jocelyne et les arts textiles
Jocelyne a commencé à tisser il y a maintenant 17 ans quand sa mère lui a donné son métier. Sa mère a également assumé le rôle de professeur en lui transmettant ses connaissances. Par la suite, Jocelyne les a améliorées en fouillant sur Internet, en consultant d’autres sources d’information. Elle est devenue accro au tissage. En plus de consacrer trois jours par semaine au Cercle, elle a quatre métiers chez elle qu’elle utilise régulièrement.
Elle participe à deux ou trois expositions par année. Pour ce faire, elle doit tisser 75 à 100 linges à vaisselle par année, des nappes, des jetés, des lavettes, des SOS, etc. C’est une somme considérable de travail.
Je ne pourrais passer sous silence, les ateliers qu’elle prépare comme par exemple la confection de couronnes de Noël, de sapin de Noël, de murales, etc.
Son rôle au Cercle
Le poste de vice-présidente et de responsable des arts textiles comprend plusieurs tâches :
- Déterminer avec ses collègues quelles pièces seront montées sur chaque métier et quels ateliers seront offerts aux membres.
- Faire le choix des couleurs et des motifs
- Préparer avec le logiciel Faberworks l’agencement nécessaire au montage des métiers (faire le patron).
- Faire le montage des métiers avec une responsable de métier pour les petits et trois autres personnes pour le métier de 100 pouces.
- Acheter les fournitures nécessaires aux ateliers, le fil pour le tissage et rendre le fil disponible.
- Enlever les ouvrages tissés des métiers.
- Évaluer le coût des pièces et faire payer les membres pour les pièces tissées.
- Former les nouvelles fermières et donner le support nécessaire à la réalisation de leurs pièces.
L’ampleur de la tâche
Quand on voit le tissage d’un linge à vaisselle ou une nappe, on ne peut s’imaginer tout le travail qui a été réalisé. Monter un métier de 24 pouces requiert de passer 576 fils, pour un métier de 100 pouces on parle de 1800 fils. Le temps requis pour le montage s’élève à deux jours pour un métier de 24 pouces, à trois jours pour un de 60 pouces et à cinq jours pour un de 100 pouces.
Tout ce travail est réalisé par les bénévoles du Cercle. Ensuite, il reste aux membres à tisser leur création. Une tisserande expérimentée prend environ une heure pour un linge à vaisselle simple (deux heures pour une moins expérimentée), une nappe entre 20 et 30 heures. Évidemment tout dépend du modèle, de l’expérience et de la complexité du tissage (nombre de marchures).
Le coût présentement pour tisser un linge à vaisselle avec le fil du Cercle s’élève à 6,40 $, une nappe à 30 $ (grâce à une subvention reçue). Le prix de vente est d’environ 20 $ pour un linge à vaisselle et de 90 $ à 125 $ pour une nappe. Si vous faites le calcul, vous constaterez rapidement que celles qui vendent leur production le font parce qu’elles aiment ce travail et non pour s’enrichir.
En terminant, le travail de Jocelyne et de ses acolytes au CA du Cercle de fermières est colossal et permet à une cinquantaine de femmes jeunes et moins jeunes de sociabiliser, d’exercer leur créativité, de se réaliser et de transmettre un riche savoir de la culture québécoise.

