Le plus beau des cadeaux – d’insatisfaits à satisfaits

La période des Fêtes arrive à grands pas avec l’abondance pour ne pas dire la surabondance. Qu’est-ce qui fait que nous soyons aussi dépendants de cette frénésie d’achats? Pas juste à Noël, mais tout au cours de l’année. Pourquoi consommer autant? Certains diront que cet article vient casser le party mais justement, c’est le meilleur moment pour y réfléchir et freiner les achats afin de se concentrer sur l’essentiel.
L’éternelle insatisfaction
Dans une émission de Boucar Diouf intitulée 8 milliards d’insatisfaits présentée à Radio- Canada, la question relative à notre éternelle insatisfaction face à la consommation est posée à des scientifiques. Vous ne serez pas surpris d’apprendre que la base du problème se situe dans le cerveau. En fait, c’est le striatum qui est le grand responsable. Il est le centre du système de récompense du cerveau. Il associe le plaisir à des comportements bénéfiques (alimentation, reproduction, achats) et déclenche de la dopamine. Cette dernière donne une illusion de bien-être pour quelques instants. Le problème est justement là. Ce plaisir ne dure pas. Boucar Diouf mentionne que sa grand-mère disait « Le bonheur acheté est aussi éphémère qu’un pet de lièvre dans la savane ».
Le striatum est un tyran qui nous mène par le bout du nez et qui nous incite à toujours en vouloir plus. Plus de vêtements, plus de bouffe, une auto et une maison plus luxueuse, plus de jouets pour les enfants, etc.
J’ai été estomaquée d’entendre un athlète qui gagne déjà plusieurs millions par année dire ouvertement et sans gêne: «Je veux être payé à ma juste valeur». Je suis aussi révoltée face à l’ensemble des grèves et des contestations des mieux nantis qui tirent la couverte de leur bord pour en avoir plus alors que les travailleurs à faible revenu ont de la difficulté à avoir de si petites augmentations.
Avant, pour reprendre les propos de Boucar Diouf, les vêtements de toute une famille entraient sur une seule corde à linge. Aujourd’hui, c’est à celui ou celle qui aurait le plus grand walk-in et le plus garni. Ma belle-sœur qui est designeure m’a dit que dans une maison elle avait mis pour 200 000 $ uniquement en espace de rangement.
Pour confectionner un seul T-shirt, ça prend
2500 litres d’eau. C’est la 2e industrie la plus polluante de la planète après l’industrie pétrolière. On relève en 2025 une augmentation de 60 % de la production de vêtements produits depuis l’an 2000.
La surconsommation dans l’alimentation est également un problème de taille. Manger pour le plaisir, pour répondre à l’insatiable striatum engendre des maladies autrefois absentes: l’obésité et l’obésité morbide. En 2019, le nombre de décès liés à la suralimentation aurait dépassé le nombre de décès liés à la famine.
En 1960, une famille sur trois avait un téléviseur. Aujourd’hui, la moyenne est de deux à trois par famille. Trois enfants sur 100 vivant en Amérique du Nord, ont 40 % des jouets de la planète. À 10 ans, un enfant a eu en moyenne 238 jouets. Pensez-y avant d’acheter vos cadeaux cette année.
Pourquoi sommes-nous rendus là?
Selon les scientifiques, le problème serait dû au fait que nous avons un cerveau ancien inadapté à la vie d’aujourd’hui.
Il était normal de vouloir faire des réserves du temps de Cro-Magnon car, l’avenir était toujours incertain. On ne savait pas si la chasse allait être bonne, si on allait manger demain, etc. Les prédateurs pouvaient en tout temps ravir les biens essentiels à la survie.
Sommes-nous plus heureux?
Quand la sédentarisation a commencé, des gens ont commencé à cultiver, à vendre leur production et ont amélioré leur condition de vie. L’argent, avec le temps, est devenu un marqueur de statut social. On identifie notre valeur en fonction du salaire gagné, aux biens qu’on possède.
De toute évidence la réponse est non. L’anxiété atteint des sommets jamais égalés, les maladies mentales sont en forte croissance, 39 % des travailleurs seraient en «burn-out» à un moment quelconque de leur vie active et ce chiffre s’élève aux alentours de 50 % pour les médecins, les dentistes, les vétérinaires. En analysant ces chiffres, on peut déduire que le bien-être ne vient pas avec le salaire gagné et les biens acquis.
La bonne nouvelle
Le striatum n’est qu’une partie du cerveau et il est possible d’utiliser davantage une autre partie appelée le cortex qui lui, joue un rôle modérateur. En faisant appel au cortex, on peut tendre davantage vers un meilleur accord avec soi et les autres en se demandant entre autres qu’est-ce qui me rend le plus heureux? De quoi ai-je vraiment besoin ?
S’imprégner du milieu naturel comme aller en forêt a des effets positifs et significatifs pour diminuer l’anxiété. Le contact avec la nature, la beauté sous toutes ses formes joue un rôle prépondérant sur le bien-être.
Il y a de plus en plus d’études scientifiques qui démontrent clairement que la musique génère également un bien-être physique et mental.
Donner, s’impliquer, aider apportent une satisfaction personnelle qui fait du bien et contrairement à des achats matériels ce sentiment dure.
Le plus beau des cadeaux
Chaque matin, avant de commencer la journée, les actions suivantes méritent d’être faites:
Prendre le temps de bien respirer (d’inspirer profondément et d’expirer lentement) pour être en contact avec le moment présent, avec le moi intérieur.
Avoir une intention qui guide la journée comme par exemple : aujourd’hui, je cultive la paix, le calme. Aujourd’hui, je prends soin de moi, aujourd’hui etc.
Avoir de la gratitude pour : la santé qui nous est donnée, le conjoint qui nous tient compagnie, les enfants que nous avons, les amis qui nous accompagnent, le chez-soi qui nous garde au chaud, les quelques sous en banque qui nous sécurisent, le pays sans guerre où nous vivons, etc. La reconnaissance est un antidote à toujours vouloir plus et apporte une satisfaction, une plénitude durables. Quand on apprécie ce que l’on a, on est en harmonie. L’harmonie, la paix intérieure, c’est la clé du bonheur.
Ça change pas le monde sauf que… ça peut changer une vie. Essayez juste pour voir.
