Vélo – Espagne et Portugal Un « trip » familial

L’idée de faire un voyage familial à vélo mûrissait depuis quelques années mais, en 2025, elle a réellement pris forme. C’est ainsi qu’avec mes deux filles, conjoints et mes deux petits-enfants nous nous sommes mis à la tâche pour réaliser ce rêve.

Il fallait d’abord choisir le lieu, le pays où nous pourrions accomplir notre exploit et ce sur une période de sept jours. Après la suggestion de la Hollande qui offre des pistes cyclables à la grandeur du pays, du Danemark qui est aussi reconnu pour la facilité à organiser ce type de voyage, notre choix s’est posé sur le Chemin de Compostelle de Porto à Saint-Jacques-de-Compostelle appelé le chemin Portuguais.
Le trajet choisi avait l’avantage de parcourir à la fois la montagne et le bord de mer, de ne pas être trop long soit environ 270 km, d’offrir de l’hébergement tout au long du parcours et d’avoir un climat agréable en avril. De fil en aiguille, nous avons modifié le parcours en décidant de le faire en sens opposé, c’est-à-dire de Saint-Jacques de Compostelle vers Porto pour profiter de la dénivellation favorable.

Pour être adéquatement préparés, nous avons établi les étapes journalières d’une distance variant entre 25 km et 48 km, cherché des maisons ayant quatre chambres à coucher pour accueillir 8 personnes (tâche assez ardue car plusieurs ne veulent pas louer pour une seule nuit), louer des vélos, organiser la récupération des vélos, etc.
Nous avions heureusement une logistique assez simple pour le transport des bagages car mon conjoint (Marcel) avec une des deux conductrices de l’autre véhicule (ma fille Émilie ou son amie Anyk) prenaient en charge cette responsabilité. Ils quittaient l’appartement un peu après nous, venaient nous rejoindre pour l’heure du lunch et repartaient vers l’autre appartement. En plus, gracieuseté de leur part, ils allaient faire les courses pour le souper. On peut dire que nous étions plus que gâtés.
La première journée a débuté un peu en catastrophe. Les vélos que nous avions loués ne correspondaient pas tous à la grandeur de tous ou aux caractéristiques demandées. Émilie et moi avions des vélos mal adaptés à nos besoins et Alexie (ma petite-fille) un vélo plus petit que prévu. Heureusement mon gendre Nathan aussitôt sorti du magasin s’est mis à faire des échanges de siège et a pu régler mon problème et celui de mon petit-fils Maverick. Notre première journée avait une distance de seulement 25 km ce qui nous a permis de retourner changer le vélo d’Émilie et celui d’Alexie le lendemain.
Le départ de Saint-Jacques a bien sûr commencé par une petite visite de ce fameux lieu où se rejoignent tous les Chemins de Compostelle européens. Une belle cathédrale a été érigée en l’honneur de Saint-Jacques. C’était très agréable de s’y balader en famille pour marquer le début de notre aventure. Les 25 premiers kilomètres se sont déroulés sans embûche à l’exception de quelques petits détours imprévus.
Les indications sur Google n’étaient pas toujours claires. À un moment donné, nous nous sommes retrouvés sous un pont avec un ruisseau non traversable. Heureusement pour nous, des policiers stationnés là (fait assez étrange…) ont pu nous indiquer comment sortir de notre impasse car nous ne savions plus où aller.
Cette courte expérience nous a fait prendre conscience de l’importance de voir en permanence le téléphone qui affichait le trajet. Nous avons donc profité du retour au magasin pour acheter un porte-cellulaire. Ma fille Catherine s’est dévouée tout au long du chemin pour prendre en charge le rôle de guide; tâche qu’elle a accompli avec brio.

La deuxième journée de vélo a débuté tardivement car nous sommes retournés échanger les vélos qui ne correspondaient pas aux besoins. Un défi de taille nous attendait car nous avions environ 460 mètres de dénivellation positive et 460 de dénivellation négative. Du vrai vélo de montagne au travers des racines, des pierres et des pèlerins. Heureusement, la dénivellation positive était dans la première partie, lorsque nous étions frais et dispos. La fin s’est donc avérée plus facile pour le plaisir de tous. Notre randonnée s’est terminée vers 18 heures dans la magnifique petite ville de Combarro. Une autre surprise nous attendait. Notre stationnement était à 15 minutes de l’appartement. Il fallait donc aller chercher les bagages à pied. À la fois une corvée car nous devions ajouter cet effort à notre journée mais aussi le plaisir de découvrir un peu les environs, la belle petite ville.
La troisième journée nous a amenés sur le bord de la mer dans la ville de Vigo. Quelques montées très abruptes au départ. La grand-mère que je suis a choi- si de laisser les jeunes se mesurer au défi. Trois sur six y sont parvenus. Outre le fait que nous ayons à circuler sur des routes plus achalandées sur plusieurs kilomètres, le trajet s’est fait sans grandes difficultés quoique moins agréable à cause du type de route par moments.
Les quatre dernières journées (Vigo-Portocelo – Viana Do Castelo – Povoa de Varzim – Porto) se sont déroulées de façon presque identique. Un terrain presque plat, une journée avec un vent de face mais les autres avec un vent de dos. Nous avions donc tout le loisir de profiter des beaux paysages côtiers et de joindre le vélo à l’émerveillement. Évidemment, le tout pigmenté de quelques visites touristiques (châteaux, forts, églises, etc). Le seul petit sauf.. , circuler sur du pavé vieux de centaines d’années est éprouvant pour le corps. On s’est fait brasser la carcasse… pendant plusieurs kilomètres.

Si vous avez l’occasion d’expérimenter ce type de voyage avec votre famille en réunissant trois générations, c’est toute une expérience de vie. Je remercie la vie, mes enfants et petits-enfants de m’avoir offert ce cadeau d’une valeur inestimable et je félicite particulièrement mes petits-enfants d’avoir accompli cet exploit à 10 et 12 ans.
